Quelques utopies modernes à la lumière de l’arithmétique politique (1660-1820)

Alexandra Sippel

Resumo


Dans la Nouvelle Atlantide, Francis Bacon se passionne pour les perspectives ouvertes par les toutes nouvelles méthodes scientifiques et les découvertes qui les ont accompagnées et dont le succès devait se manifester dans la fondation de la Royal Society. Après les sciences naturelles, les sciences humaines gagnent l’estime des philosophes, d’abord dans les écrits jusnaturalistes qui imaginent l’évolution et l’histoire sociale à partir d’un hypothétique état de nature dont le respect est la condition sine qua non du bonheur en société. A la même époque paraissent les écrits de philosophes qui se disent arithméticiens politiques. Il s’agit pour eux de parvenir à une théorie de la société comme Newton est parvenu à un système de l’univers: comment créer une communauté fonctionnelle qui ne soit affectée ni par la pauvreté, ni par la mendicité, ni par le crime ou les inégalités? Sans doute peut-on faire un lien entre les philosophes de l’arithmétique politique de la fin du 17e et du début du 18e siècles et les projets de John Bellers pour son Collège d’industrie ou avec l’établissement de la colonie des Césars en Patagonie dans les lettres de James Burgh. Cette tendance est d’ailleurs confirmée au début du 19e siècle à travers l’évidente influence d’auteurs comme Malthus, Smith et Owen sur l’oeuvre essentielle de John Minter Morgan, The Revolt of the Bees. Ma communication portera sur la dimension méta-utopique de ces écrits ancrés dans les sciences sociales: ils sont l’exemple même de l’utopie qui s’interroge sur sa viabilité, en fonction des thèses développées scientifiquement en systèmes cohérents et testés empiriquement dans certains cas.


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